On sait que lorsque la population croît, la richesse économique, c'est-à-dire le produit intérieur brut, doit progresser plus rapidement encore pour espérer une amélioration du niveau de vie. C’est une évidence d’un point de vue comptable. L’exemple de l’Afrique subsaharienne le montre. Alors que le PIB nominal du sous-continent progressait de plus de 2 % en moyenne annuelle de 1980 à 2000, son PIB par habitant a connu une régression de plus d’un 0,5 point par an en raison de la forte démographie de fait de taux de fécondité élevés: 6,70 en 1980-1995; 6,49 en 19985-1990; 6,16 en 1990-1995 ; 5,90 en 1995-2000. Ce taux de fécondité est en régression constante du fait de la massification de la scolarisation des filles : 5,65 en 2000-2005 ; 5,40 en 2005-2010 et 5,10 en 2010-2015 (United Nations, World Population Prospects: The 2017 Revision, File FERT/4: Total fertility by region, subregion and country, 1950-2100 (live births per woman), Estimates, 1950 - 2015)

Selon le Journal L'Humanité du 8 décembre 1993, " « La comparaison des évolutions démographiques entre régions du monde souligne les phénomènes de transition démographique, le passage d'un régime démographique caractérisé par une natalité et une mortalité élevées à un régime de natalité et mortalité basses. Dans un premier temps, dans l'histoire des populations, les progrès sanitaires et économiques font baisser sensiblement la mortalité, et la population croît alors de manière accélérée. Ensuite, ce n'est que progressivement que la modernisation provoque une baisse de la fécondité (par la transformation de l'organisation familiale, la scolarisation des filles, la salarisation des femmes...) qui permet de rétablir l'équilibre démographique. Les pays industrialisés ont achevé leur transition et connaissent une croissance démographique faible, voire nulle ou négative, tandis que les pays en voie de développement sont en général encore dans la phase de transition caractérisée par des croîts de population élevés.» («L'Etat du monde 1993».)

La transition démographique ne précède pas le développement économique, elle le suit. Une démographie galopante n'est donc pas une cause du sous-développement, mais l'une de ses multiples conséquences."