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HOMMAGE À

L'ABBÉ PIERRE

L'insurgé de Dieu

au service des pauvres

 

 

 

" Il ne faut pas faire la guerre aux pauvres mais à la pauvreté "

Abbé Pierre

(5 août 1912 - 22 janvier 2007)

L’Abbé Pierre, de son vrai nom Henri Grouès, s'est éteint le lundi 22 janvier à 5h25 à l'Hôpital du Val de Grâce à Paris. C'était un frère universel, un citoyen du monde , sensible à la souffrance de ses contemporains. Il avait fondé la première communauté d'Emmaüs en 1949.

Aujourd'hui Emmaüs International est une association laïque qui représente plus de 500 associations (dont 327 membres) réparties dans près de 50 pays dans le monde : Afrique, Amérique, Asie, Europe. Sous de multiples formes, elle lutte contre la misère et ses causes.

Toutes les associations "Emmaüs", membres ou associées, mènent des activités variées dans des contextes économiques et politiques très différents. Cependant, elles travaillent toujours pour lutter contre toutes les formes d'exclusion, menant des actions dans les domaines de l'alphabétisation, la formation, la santé, le logement, la défense des droits de l'Homme, l'économie solidaire, la protection de l'environnement… Ces actions se font avec et pour les plus pauvres (chômeurs, malades et handicapés, personnes à la rue…).

Comme Jean Rodhain (fondateur du Secours Catholique - Caritas France), l'Abbé Pierre n'a pas attendu que les politiques ou les institutions internationales fassent de la lutte contre la pauvreté un crédo pour s'engager aux côtés des pauvres.

Grâce à leur humanisme, ces êtres de lumière n'appartenaient plus à leur famille, à leur nation, à leur religion, à leur race. Ils étaient devenus des consciences universelles.

La lutte contre la pauvreté n'est pas dans la rhétorique comme ont tendance à surenchérir les politiques à l'occasion des conférences internationales. Elle est dans l'action, dans le concret.

Aimé D. MIANZENZA,

Senior Economist, Cesbc

 

Contact :

Emmaüs International

183 bis rue Paul Vaillant Couturier

94143 Alfortville Cedex - FRANCE

Tél. : (00 33) 1 48 93 29 50
[www.emmaus-international.org]
contact@emmaus-international.org

 

Le 2 juin 2008

HOMMAGE À YVES SAINT LAURENT

Il était le plus prestigieux représentant de la Haute-Couture française. Il était le Maître absolu de la Haute-Couture mondiale. Il était audacieux. Cette audace l'a amené à être le premier à donner leur chance aux mannequins noires et à les faire défiler à Paris. Niane Katoucha, Alek Wek, Naomie Campbell, Roshumba Williams, etc., doivent leur célébrité à Yves Saint Laurent.

Le Maître était également très sensible à la souffrance des autres : sa société avait fait un don de machines à coudre professionnelles à Charité Maternelle du 14e arrondissement de Paris, pour l'aider à mettre en place un atelier de couture destiné aux personnes touchées par le VIH et aux familles en très grande précarité. Cet atelier est aujourd'hui un lieu de formation et de convivialité pour les personnes que cette association accueille et accompagne.

MERCI et ADIEU MONSIEUR

 

Le 13 juin 2008

La recherche congolaise et le CICR en deuil

LAZARE MATOKOT

Par Aimé D. MIANZENZA, Cesbc

Lazare MATOKOT, entomologiste, chercheur à la DGRST (Congo-Brazzaville), Field Officer ECOSEC au Comité International de la Croix-Rouge-Brazzaville est décédé au CHU de Brazzaville, le mardi 7 juin 2008, dans sa quarante-neuvième année, des suites d'une attaque cérébrale foudroyante. Il était le Responsable au Congo Brazzaville, du Centre d'Études Stratégiques du Bassin du Congo.

Lazare MATOKOT, avait ses études universitaires à l'ENITA de Bordeaux (France). Il est sorti de cette école avec le diplôme d'ingénieur.  De retour au Congo, il rentre au Ministère de la Recherche Scientifique et Technique et est affecté comme chercheur attaché au Laboratoire d'Entomologie agricole du Centre DGRST/ORSTOM de Brazzaville (Congo).

Il a été consultant au Fonds International de Développement Agricole (FIDA). Dans les missions de formulation et de préévaluation qu'il a effectuées pour le compte de cette institution  spécialisée des Nations Unies qui a son siège à Rome (Italie), Lazare Matokot  était chargée de la composante lutte contre les parasites s'attaquant aux denrées stockées. À ce titre il a fait des nombreuses missions au Togo, au Bénin et au Gabon. De ces missions en zones rurales comme consultant ou comme chercheur il avait acquis l'expérience des terrains difficiles et du travail en équipe et la rigueur du professionnel. Il communiquait sa joie de vivre à tous.

Après la destruction du Centre ORSTOM de Brazzaville par les troubles politiques qui ont marqué le Congo au cours de la décennie 90, Lazare Matokot est recruté par la Comité Internationale de la Croix-Rouge (CICR) comme Field Officer ECOSEC. Fort de l'expérience accumulée comme consultant international en développement rural d'une part,  comme chercheur d'autre part, Lazare Matokot avait fait de la brousse son terrain d'activité. Il était  occupé à aller former des formateurs ou transmettre son savoir directement aux populations paysannes au Congo-Brazzaville (Lékoumou, Plateaux et Pool) et en République Démocratique du Congo (Kivu, Kinshasa et Bas-Congo. Plus d'une fois il a été retenu et délesté de tout par des bandes armées qui ont transformé les zones rurales en terrain d'insécurité généralisée.

Lazare sera inhumé ce vendredi 13 juin 2008 à Brazzaville.

Le Cesbc présente à sa maman, à ses enfants, à sa famille, au CICR Brazzaville et à ses amis, ses condoléances les plus attristées.

ADIEU LAZARE

 

 

JEAN-BAPTISTE TATI LOUTARD :

GRAND HOMME DE LETTRES

Noël KODIA

Critique littéraire, essayiste

Un grand homme de lettres vient de nous quitter le 4 juillet 2009.  Jean Baptiste Tati Loutard, le guide de mes premiers pas littéraires. Jean Baptiste Tati Loutard, professeur de littérature à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, président à l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (UNEAC), un homme de culture que jamais  je n’oublierai.

Difficile de témoigner pour un doyen que l’on a connu dès ses premiers pas dans la création littéraire.

Beaucoup de compatriotes écriront sur toi, sur ton œuvre, mais je reste toujours accroché à ta biographie romancée de Joël Planque, sans oublier les réflexions pertinentes de M. et Madame  Chemain de l’Université de Nice sur ton œuvre et la préface de mon ami Boniface Mongo Mboussa qui ouvre « Mer et écriture ». Mais après des visions occidentales de ton œuvre, il fallait une autre présentation de celle-ci faite avec un regard du pays, et nous l’avions réalisée, Mongo Mboussa et moi. Je ferme la boîte de mes souvenirs (il y en a tellement trop) avec  ces lignes prémonitoires  des « Nouvelles chroniques congolaises » quand tu écrivais: «Molangui était dans le sommeil comme un noyer au fond d’un puits. La mort pouvait passer le prendre sans craindre la moindre résistance ».

Lire l'intégralité du témoignage ici

 


 

MIGRATIONS INTERNATIONALES

Aimé Dieudonné MIANZENZA

Economiste en chef, Cesbc

MOURIR AUX PORTES DE L'EUROPE (I)

Du Maghreb à l’Afrique australe, de l’Afrique atlantique à l’Océan indien, les jeunes africains ne construisent plus qu’un seul projet : fuir un continent qui ne leur réserve plus aucun avenir. Ni les images insoutenables des corps échoués sur les plages ou de celles des hommes et des femmes empalés vivants sur des barbelés à Ceuta et Melilla, ni les traitements dégradants subis dans les pays de transit, ni les brimades et les humiliations dans les camps de rétention en Europe, ni encore moins les expulsions ne les découragent.

Pour se protéger de ces "envahisseurs", la riposte des pays riches est essentiellement sécuritaire. Aux frontières, la tendance est à la transformation des territoires en places fortes imprenables ; à l'intérieur des frontières, la lutte contre l'immigration clandestine se traduit par l'effritement inexorable des droits des étrangers. A l'extérieur, on durcit les conditions d'obtention des visas d'entrée (ce qui se traduit par le phénomène des queues devant les ambassades européennes dans les capitales africaines) ; grâce à des accords qui externalisent les frontières, les Etats tiers sont transformés en supplétifs de la sécurité des pays riches (présence des policiers étrangers chargés d'une partie du contrôle des formalités d'embarquement dans les aéroports internationaux africains, dotations matériels pour traquer les migrants clandestins, patrouilles mixtes de surveillance des frontières, etc.).

Subsidiairement, les pays riches parlent de révision de l’aide au développement. Il faut dire que jusqu’à présent, l'aide a plutôt servi au renforcement des régimes en place. Or les priorités des ces régimes sont à des "années lumières" des préoccupations des populations.

Si la nature actuelle des régimes en Afrique ne change pas dans leurs fondements, si l'aide au développement n'évolue pas dans son essence, les migrations vont s'amplifier.

Les villages africains n'ont donc pas fini de pleurer leurs enfants disparus sur les routes de l'Eldorado

LES ROUTES DE L'ELDORADO

Le 29 septembre 2005, des migrants subsahariens meurent à Ceuta, lors d’une tentative de franchissement en force des grillages qui séparent ce morceau de l’Europe de Schengen en terre africaine au Maroc. Dans la nuit du 5 au 6 octobre 2005 à Melilla, le drame se répète dans des circonstances identiques. Ces événements font découvrir au monde entier, la situation des migrants subsahariens transitant par le Maroc pour atteindre l’Europe.

1. Le décompte macabre

Depuis plusieurs années, les pays de l’Europe méridionale confrontés à l’arrivée massive de « boat-people », ne cessent d’attirer l’attention de l’Union Européenne sur la question des migrations clandestines en direction de l’Europe continentale et de la Grande Bretagne. Il ne se passe de semaine sans qu’on ne signale les naufrages d'embarcations au large des côtes espagnoles, italiennes ou grecques.

Selon Fortress Europe, 5 271 candidats à l’immigration sont morts aux frontières de l’Europe depuis 1988, dont 1 747 disparus en mer. En Méditerranée, 4 072 migrants ont perdu la vie dont :

  • 1 815 dans le Canal de Sicile, entre la Libye, la Tunisie, Malte et l’Italie, dont 1 088 disparus ;

  • 1 272 au large des îles Canaries et du détroit de Gibraltar entre le Maroc et l’Espagne, dont 281 disparus ;

  • 392 en Mer Egée, entre la Turquie et la Grèce, dont 159 disparus ;

  • 474 en Mer Adriatique, entre l’Albanie, le Monténégro et l’Italie, dont 136 disparus.

En Méditerranée et dans le détroit de Gibraltar, la mise en place de dispositifs de surveillance des frontières a conduit à l’interception des pateras[1] en mer. En Espagne, le renforcement des contrôles dans le détroit de Gibraltar et l’amélioration progressif de la surveillance des frontières ont permis de faire baisser le nombre de migrants ayant réussi à gagner clandestinement le continent à partir de 2001 comme le montre la figure 1.

Figure 1. Clandestins interceptés en Espagne

Source : Espinosa Navas (F.),[2] « Le système intégré de surveillance maritime », in La Revue Maritime, n° 465, juin 2003, consultable sur : Institut Français de la mer

Simultanément le nombre de clandestins arrêtés sur des embarcations arraisonnées en mer est en augmentation. La nationalité de ces migrants s'établit de la manière suivante selon l’Agence Efe (Espagne) :

Tableau 1. Clandestins arrêtés par nationalité

           de janvier à septembre 2004

Pays Clandestins
Maroc

5864

Mali

1 860

Gambie

1 094

Guinée Conakry

332

Côte d'Ivoire

226

Ghana

220

 

Ensuite et par ordre décroissant, on compte les pays suivants : Soudan, Libéria, Mauritanie, Nigéria, Guinée-Bissau, Inde et 34 autres nationalités.

A partir de 2002, l’Espagne commencé à installé un nouveau système de contrôle électronique de ces frontières sud appelé Système intégré de surveillance extérieure (SIVE). Celui-ci fonctionne depuis 2002 sur la zone du détroit de Gibraltar et 2006 aux iles Canaries.

2. Externalisation des frontières et adaptation des filières

Les pressions exercées par l’Europe sur les pays du Maghreb ont conduit à l’externalisation des frontières de l’Europe hors de ses frontières. Les conférences ministérielles euro-africaines sur les migrations tenues à Rabat, puis à Tripoli en 2006 ont été suivies immédiatement de répressions brutales contre les migrants subsahariens en Algérie, en Libye, au Maroc et Tunisie. Sans considération de leur statut. Sans considération de leur statut, les droits et la dignité d’hommes et de femmes ont été bafoués au nom de la protection des frontières de l’Europe.

La guerre livrée par les Etats européens et maghrébins de part et d’autre de la Méditerranée oblige les filières à se réorganiser. Elles se tournent vers Lampedusa (Italie) et vers les Canaries. Ces iles sont peu éloignées des côtes africaines. Un « sprint » suffit pour les atteindre. C'est dans ce contexte qui depuis 2003 les Canaries sont devenus la cible prioritaires des migrants africains clandestins subsahariens. Mais cette voie est véritablement une route de la mort, compte tenu des conditions dans lesquelles s'organisent les expéditions.

Les grandes pirogues de pêche utilisées pour la traversées (cayucos) ne sont pas adaptées pour une navigation en haute mer : tirant d'eau insuffisant, équipement réduit à un simple moteur, navigation à vue, pilote sans formation, etc. Par ailleurs, les cayucos jusqu'à dix fois plus de passagers qu'il ne faut. Au début, les embarcations sont parties de Nouadhibou, ville située presqu'en face des Canaries. Par la suite, les pressions exercées par de sécurité mauritaniens ont dispersé les points de départ du sud de la Mauritanie aux cotes de la Guinée, ce qui a eu pour conséquence d'allonger le trajet à la durée du périple et de multiplier les risques. Des départs ont été également signalés des iles du Cap-Vert[3].

Selon José Segura, Délégué du Gouvernement aux Iles Canaries, 31 000 migrants clandestins sont entrés dans l’archipel, soit plus de trois fois le précédent record de 9 902 migrant en 2002 ou l’équivalent du total des flux enregistrés pendant la période 2002-2005. Les pouvoirs publics espagnols estiment qu’environ un candidat sur six meurt lors de la traversée de 2 000 kilomètres au départ des côtes du Sénégal, moins à partir de la Mauritanie.

Les pouvoirs publics espagnols estiment qu’environ un candidat sur six meurt lors de la traversée de 2 000 kilomètres au départ des côtes du Sénégal, moins à partir de la Mauritanie. Pour la Croix Rouge espagnole, citée par François Gemenne[4], Abdoul Jelil Niang[5], Pierre Ozer[6] et Mohamed Ould Sidi Cheick[7] le nombre réel est probablement 10 fois plus élevé. De même le Croissant Rouge mauritanien pense que 40 % des migrants clandestins qui tentent de rejoindre les Canaries n’arrivent jamais à destination. En dépit de l’incertitude des chiffres, en 2006, entre 6 000 et 16 000 clandestins ont péri dans leur tentative d’atteindre l’archipel.[8]

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Pour lire le deuxième volet du dossier, cliquez sur le bouton ci-dessous :

Les politiques d'immigration des pays de l'OCDE

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NOTES


[1] Nom espagnol des embarcations jetables de l’immigration clandestine.

[2] Francesco ESPINOSA NAVAS est Lieutenant-colonel, Chef de la Comandancia d’Algésiras (Guardia Civil).

[3] Certains clandestins auraient tenté d’atteindre les côtes américaines comme le prouve la découverte macabre en mai 2006 au large de la Barbade (Caraïbes) d’une embarcation avec à son bord onze migrants africains morts en état de momification. Une des personnes avait, avant de mourir, rédigé une note sommaire faisant allusion à sa famille restée au Sénégal elle sera la seule victime à être identifiée. Son corps a été rapatrié au Sénégal. Les dix autres n’ayant pu être identifiés, ils ont été enterrés sur place. Selon un survivant, 36 autres migrants avaient péri et leurs corps jetés à la mer pendant cette odyssée qui a duré quatre mois. Information en ligne sur http://www.ouestaf.com, « Sénégal : Immigration clandestine – un cadavre sera rapatrié des îles Barbade », Publié sur le web le 22 décembre 2006.

[4] Chercheur au CÉRI, IEP Paris, CEEM, Université de Liège (Belgique).

[5] Département de Géographie, Université de Liège (Belgique).

[6] Département des Sciences et Gestion de l’Environnement, Université de Liège (Belgique).

[7] Département de Géographie, Université de Liège (Belgique).

[8] GEMENNE (F.), NIANG (A. J.) et OZER (P.), « Nous ne pouvons ajourner la réforme des politiques d’aide au développement », in Le Soir, jeudi 28 septembre 2006, p. 21.

 


MEMOIRE DE L'HISTOIRE

Marc TALANSI

Professeur de Lettres, Cesbc

LES ENFANTS AFRICAINS ET LE DÉBAT SUR LES BIENFAITS DE LA COLONISATION

La résurgence de la question coloniale a marqué l’année 2005 en France. Les échanges entre les politiques et les historiens ont  été suivis avec beaucoup d’attention, voire de passion en Afrique francophone.

Des centaines d'Africains se sont inscrits sur le site http://www.abrogation.net pour signer la pétition demandant l’abrogation de l’article 4 d’une loi d’abord passée inaperçue et votée le 23 février 2005, et reconnaissant « le rôle positif de la colonisation française Outre-mer ».

Pour lire l'article dans son intégralité, cliquez ici

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