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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DE SÃO TOMÉ E PRINCIPE

E. Économie

L’économie santoméenne est peu diversifiée. Elle repose essentiellement sur le cacao dont la commercialisation assure 90 % des recettes d’exportation. En raison de sa petite taille, de son isolement géographique et de son relief très accidenté, São Tomé & Príncipe connaît de nombreuses carences structurelles. Les routes, le réseau d'assainissement et bien d’autres infrastructures sont vétustes. La capacité d’absorption du pays reste très faible. Par ailleurs, la croissance économique demeure entravée par un marché domestique exigu et fragmenté.

1. Situation sectorielle

L’agriculture est le pilier de l'économie de l'archipel mais elle reste insuffisamment développée, tant en termes de cultures vivrières qu'en termes de produits d’exportation. La chute des cours mondiaux du cacao et la baisse de la production n'ont rien fait, par ailleurs, pour améliorer la balance des paiements. La pêche est le deuxième secteur économique du pays en termes d'occupation de la population. L’industrie est quasi inexistante.

a. L'agriculture

Selon le Cabinet de la Reforme Foncière, São Tomé & Príncipe dispose d'environ 44 758 hectares terre agricole. Environ 41 367 hectares sont cultivés ( Recensement agricole de 1990). La répartition de ces terres est donnée infra : 

  • Cacaoyer : 26 076 hectares,

  • Caféier : 984 hectares,

  • Cocoteraie : 7 676 hectares,

  • Cultures vivrières : 2 110 hectares,

  • Bananeraies : 592 hectares.

Le reste des terres agricoles est occupé par des cultures diverses et les pâturages. La réforme agraire mise en œuvre au tournant des années 90 a permis de régler la question de l'accvès à la terre pour les petits exploitants. Le principal problème qui se pose est celui des ressources financières pour l’exploitation des terres. Selon le Recensement Agricole de 1990 l’agriculture emploie 35.072 personnes dont 35% de femmes.

L’agriculture joue un rôle très important dans l’économique du pays. Il a contribué, avec la forêt (en 1993) pour une valeur de 44.663 milliards de dobras soit 18,4 % du PIB. L’élevage a quant à lui apporté une contribution de 895 millions de dobras soit une part de 5,3%.

2. La pêche

La pêche est la deuxième activité du pays. Elle est essentiellement artisanale et pratiquée de par les populations. Le potentiel de capture est estimé à environ 12 000 tonnes par an (7.500 à Principe et 4.500 à Sao Tomé). En 2002 les captures se chiffraient à environ 4 284 tonnes. Elles ont rapporté un revenu d'environ 63 723 200 de dobras.

 

A ces recettes s’ajoute, les contributions, au titre d’accords de pêche (en particulier du thon) établis avec l’Union Européenne et les pays du l’Est de l’Europe estimées à environ, 1 million de dollars américains à la fin des années 90. Ce chiffre est d’ailleurs très en deçà d’apports potentiels vue que le pays ne dispose pas d’observateurs à bord bateaux de pêche pour la vérification des quotas, ni des systèmes de surveillance de zones maritimes.

Le secteur apporte environ 3 % au PIB. Elle constitue environ 85 % des protéines alimentaires de la population. Cependant il est très mal géré et entraîne d’énormes problèmes environnementaux et socio-économiques dans les zones où elle est pratiquée. Ceci est un facteur qui limite considérablement les apports réels du secteur à l’économie nationale.

3. Situation macroéconomique

São Tomé & Príncipe est un pays très endetté : environ 303 millions de dollars américains à la fin 2003, soit quatre fois le PIB.  L’endettement extérieur accentue la dépendance du pays vis-à-vis de l'aide extérieure. L’archipel est éligible à l’initiative PPTE, à laquelle il pourrait accéder s’il conclut un nouveau programme avec le FMI. Le Club de Paris a réduit en mai 2000 de 95% le service de la dette de São Tomé jusqu’en avril 2003.

Tableau 5. Liste des traitements de la dette   

Date du traitement

Type de traitement

Statut du traitement

13 septembre 2005

Cologne

Actif

16 mai 2000

Naples

Actif

Source : Club de Paris

Le pays a bénéficié en 2000-2002 d’un Programme pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (PRPC) de 17,4 millions de dollars des États-Unis, financé par l’Union européenne, la BAD et les institutions de Bretton Woods. Le 14 janvier 2005, São Tomé et Principe a posé sa candidature à l’OMC.La croissance pourrait venir du pétrole : des sondages ont révélé la présence de pétrole dans les eaux territoriales profondes de la République de São Tomé e Príncipe. Un accord politique a été signé avec la Nigeria pour régler la question des frontières maritimes, et une autorité conjointe a été instituée pour l’exploitation d'une zone commune de développement.

Tableau 6 : Principales données économiques en 2004

PIB courant

87,5 millions de dollars

PIB par habitant

310 dollars (Partie de pouvoir d'achat)

Taux de croissance

6,5%

Taux d'inflation

14%

Balance commerciale

19 millions de dollars

Principaux clients

Pays-Bas : 43%

Canada : 15,5%

Allemagne : 10,6%

Philippines : 6,4%

Principaux fournisseurs

Portugal : 51%

Allemagne : 11,5%

Italie : 5,8%

Belgique : 4,9%

Structure du PIB

Agriculture : 17,0 %

Industrie : 14,6%

Services : 68,4%

Source: Banque Mondiale, Banque Africaine de développement, Nations Unies,

Les indicateurs sociaux sont, en fait, plus positifs que dans beaucoup d’autres pays de niveau socio-économique comparable. São Tomé & Príncipe occupe la 110ème place dans l'indice de développement humain et la 125ème au classement du PIB par habitant. Ces chiffres occultent une paupérisation galopante de la population. São Tomé e Príncipe est tributaire de l’aide internationale qui atteint 75 % du PIB en 200-2005. Cette aide s'avère néanmoins peu efficace en raison de l'inadéquation des structures institutionnelles et de la grande diversité des bailleurs de fonds. São Tomé e Príncipe reste l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.

Croissance économique

Au cours de la période passée (1997-2002), la croissance du PIB a été tiré par les secteurs tertiaire et primaire. Quant au secteur secondaire, sa contribution à la croissance demeure encore faible.

Selon la Banque africaine de développement, la part du secteur tertiaire dans le PIB est passé de de 58,8% en 1997 à 63% en 2002. Cette évolution s’explique essentiellement par le commerce et des transports dont l'essor a été dopé par la libéralisation de l’économie. Le secteur primaire a connu quant à lui a marqué un fléchissement au cours de cette période. Sa contribution est passée de 24% en 1997 à 20% en 2002. Cette baisse est liée notamment à l’évolution du secteur agricole dont la contribution qui était de 21,8% en 1997 a chuté à 17% en 2002 en raison de la chute des cours mondiaux et de la baisse de la production du cacao. Malgré ce recul, le secteur primaire reste une source de croissance grâce à la production cacaoyère. Les autres produits agricoles d’exportation tels que le coprah et le café ont fortement. La contribution du sous-secteur de la pêche au PIB, évaluée à 4%, est restée constante au cours de la période 1997-2002.  Depuis quelques années, la production vivrière connait une progression soutenue, conséquence de la réforme foncière.

Concernant le secteur secondaire, il contribue à concurrence de 17% au PIB et son développement demeure confronté à la faiblesse de la demande, le manque de devises pour l’importation des intrants et les pièces de rechange. Enfin, la contribution du secteur touristique reste, cependant, marginale (2% du PIB) malgré les potentiels naturel et culturel indéniables dont le pays dispose.

Les perspectives d’exploitation du pétrole font espérer des recettes qui seraient considérables rapportées au nombre d’habitants (150.000). L’attribution en 2004 d’une dizaine de blocs d’exploration (par appel d’offres, mais dans des conditions contestées) a déjà rapporté plusieurs dizaines de millions de dollars, ce qui a multiplié par deux le budget du pays. Si l’exploration pétrolière devait s’avérer positive, la production pétrolière ne débuterait pas avant 2010. Selon des estimations préliminaires les revenus attendus de l’exploitation pétrolière s’élèveraient à 40,00 millions de dollars EU entre 2007 et 2010 ; et à environ 352 millions de dollars EU entre 2010 et 2017. En attendant l’arrivée de ces flux financiers, l’attribution, en octobre 2003, des neufs blocs pétroliers, situés dans la zone conjointe, aurait permis à São Tomé & Príncipe d’encaisser en 2004, environ 200 millions de dollars EU, soit environ le double de son budget annuel.

F. La pauvreté

L’analyse de la situation de pauvreté à Sao Tomé et Principe monte qu'elle est d'abord un phénomène rural. Elle est plus répandue dans la partie méridionale du pays. De même pauvreté et analphabétisme sont intimement liés. Comme l'analphabétisme est un phénomène qui touche les femmes plus que les hommes, on peut donc conclure que la pauvreté touche beaucoup plus les femmes que les hommes.

La pauvreté est d’abord un phénomène rurale ; près des deux-tiers des ménages vivant dans les zones rurales sont pauvres contre un peu moins de la moitié pour les zones urbaines sont pauvres. La pauvreté y est plus intense et plus profonde. L’extrême pauvreté touche 15% des ménages en zones rurales contre 9% dans les centres urbains.

La pauvreté a une dimension régionale très marquée. La pauvreté extrême concerne un quart environ des ménages de la région Nord (district de Lemba et Lobata) contre seulement 10% dans la région Sud. 

La pauvreté extrême touche la catégorie de la population où l’analphabétisme est dominante dans une proportion de 28%. A l’intérieur de ce groupe les femmes sont plus touchées que les hommes 36% contre 21% (BAB, 2004).

G. Le développement humain

L'accès au service de santé et à l’éducation est aussi très critique. En ce qui concerne la situation sanitaire, la mortalité infantile est passée de 50 pour mille en 1996 à 65 pour mille en 2000 et le taux de mortalité maternelle se situe aux environs de 122 pour mille. Le paludisme est la première cause de mortalité à São Tomé & Príncipe. Il affecte chaque année le tiers de la population et cause la perte des milliers de jours de travail. Les carences nutritionnelles sont à la base de 15% de décès des enfants de moins de 15 ans. En outre, le faible d’accès à l’eau potable et les problèmes de l’assainissement rendent très précaire l’état sanitaire de la population. Par ailleurs, le taux de prévalence du VIH/SIDA se situe à un niveau en dessous de 5%.

De son côté, le secteur de l’éducation et de la formation rencontre de nombreux problèmes même si le taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire s’élève à environ 130% contre 78%dans l’enseignement secondaire et que le taux net de scolarisation se situe à environ 86,6% (soit 87,4% pour les garçons et 85% pour les filles). Les principaux problèmes identifiés portent sur : i) l’insuffisance des infrastructures dans l’enseignement primaire ; ce qui se traduit par la mise en place d’un système de double flux ; ii) la quasi-inexistence d’un système de formation technique et professionnelle organisé et iii) la faiblesse de la qualité des performances du système d’éducation en matière des acquisitions cognitives et des compétences nécessaires pour le marché du travail. Ainsi donc, compte tenu de ces handicaps, le Gouvernement, dans le cadre de la mise en oeuvre de sa stratégie de réduction de la pauvreté, met l’accent sur les priorités suivantes : l’alphabétisation, l’éducation générale et technique, la formation professionnelle, le développement de la santé et de la nutrition.

 

BIBLIOGRAPHIE

BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT, 2006,

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BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT, 2006,

Livre de poche des statistiques de la BAD 2006, Volume VIII, Statistiques choisies sur les pays africaines, Division de la Statistiques, Département de la recherche sur le développement, Tunis, 2006.

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