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Le 13 janvier 2009
LITTÉRATURE
Serge
BILE & Audifac
IGNACE
Et si Dieu n'aimait pas les
Noirs ?
Pascal GALODÉ Éditeur, Saint-Malo,
janvier 2009, 120 pages.
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"Et si Dieu n’aimait pas les
Noirs?" : c'est le titre de
l'essai que Serge Bilé. et
Audifac Ignace viennent de
publier aux éditions Pascal
Galodé. Le livre qui est
sorti en librairie le 8
janvier 2009 est sous-titré
"Enquête sur le racisme
aujourd’hui au Vatican". Il
regroupe des témoignages de
cardinaux, d'évêques de
prêtres, d’évêques et de
cardinaux africains, en
poste à Rome, mais aussi de
religieuses africaines
en poste ou
de passage au Saint-Siège.
Plusieurs d’entre-eux ont
d’ailleurs été bannis, pour
avoir prolongé leur séjour
romain au-delà de la limite
autorisée. Quant aux
religieuses africaines, que
les congrégations romaines
font venir en grand nombre
pour palier la crise des
vocations, elles constituent
une main d’œuvre corvéable à
merci. Désemparées, des
dizaines d’entre elles ont
échoué dans la prostitution,
allant jusqu’à planifier
leurs rendez-vous galants
depuis l’intérieur même de
leurs couvents ! Conséquence
: de nombreux religieux sont
désormais mendiants et sans
papiers.
Ces femmes et ces hommes racontent, pour la première
fois, avec beaucoup de
douleur, les discriminations
dont ils sont victimes, au
Saint-Siège même, de la part
de leurs confrères et
consœurs européens.
Par exemple concernant PIE
XII que le Vatican envisage
de canoniser, en janvier
1944, au moment où les
armées alliées font route
pour libérer Rome occupée
par les Nazis, le pape exige
auprès du commandement allié
qu’aucun soldat noir,
africain, antillais ou
américain ne soit déployé
aux portes du Vatican. Le livre éclaire d’un
jour nouveau la personnalité
de ce pape controversé, en
révélant son hostilité,
durant la Seconde Guerre
mondiale, aux soldats noirs.
Autre exemple : en août
1988, le secrétaire
particulier de Jean-Paul II,
l’évêque zaïrois Emery KABONGO, est sauvagement
agressé à Castel Gandolfo,
résidence d'été des
souverains pontifes, située
non loin de Rome.
Officiellement l'agression a
été perpétrée par des
inconnus; or Castel
Gandolfo est un des
lieux les mieux gardés
d'Italie.
Cet essai, fruit d’une
minutieuse enquête, dévoile
les ombres et contradictions
d’une institution, qui
n’arrive toujours pas à se
débarrasser de ses propres
préjugés sur les Noirs,
qu’elle considérait, jadis,
à l’image, non pas de Dieu,
mais du diable.
Serge BILÉ et
Audifac IGNACE signent ici
un livre osé qui ne manquera
pas de susciter un vrai
débat.