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NON AU
DÉMANTÈLEMENT DES FRONTIÈRES
DOUANIÈRES DES PAYS
AFRICAINS
NON AU
LIBRE-ÉCHANGE EN AFRIQUE
Par Aimé MIANZENZA,
Le
31 décembre expire la dérogation de l'OMC concernant les
APE (Accords de Partenariat Économique). La fin des APE
doit aboutir à l'instauration du libre-échange et
donc à la transformation de l'Afrique en une foire
d'empoigne entre les Chinois et les Européens. Si
elle devait intervenir, cette situation va signer l'arrêt de mort de
ce qui reste encore de la production domestique
(industrielle, agricole, etc.) et provoquer la
déstabilisation de nombreux pays.
Bien sûr la croissance semble être de retour
: 5,% en moyenne pratiquement depuis le début des
années 2000. On assiste même à une légère
accélération avec 5,5% en 2006 et 6% en 2007. Des
records sont enregistrés par l'Angola (20,6% en
2005, ensuite 17,6 % en 2006 et 27% en 2007 selon
l'OCDE) et la Guinée
Équatoriale (14,4% en 2003, 32,7% en 2004, 8,8 % en
2005, 5,3% en 2006 et 21% en 2007 selon l'OCDE), la
Mauritanie (5,4% en 2005 et 19,8 % en 2006 selon la
Commission Économique pour l'Afrique). Pour la
Banque Mondiale, la croissance économique et le bas
niveau d'inflation observés à partir de 2000 sont
sans précédent depuis 1970. L'inflation est
inférieure à 10% dans 32 pays sur 44 où elle devrait
s'établir à 7,5% en 2007 (en excluant le Zimbabwe)
et tomber à 6,5% en 2008. Cette situation s'explique
par la conjonction d'une série de facteurs
favorables parmi lesquels ont peut citer :
-
la bonne
tenue des prix des matières premières soutenus
par une demande extérieure dynamique de produits
pétroliers et non-pétroliers ;
-
l'amélioration de l'environnement économique
global. Cette amélioration a permis la
progression de la productivité, renforcé la
confiance des entreprises et favorisé la relance
de l'investissement ;
-
des
conditions climatiques favorables à
l'agriculture ;
-
l'atténuation
des conflits armés et de l'instabilité
politique.
En dépit de cette amélioration, l'économie africaine
n'est pas à l'abri d'un retournement.
En effet, au cours des deux dernières décennies, les
phases de croissance, certes plus courtes que en
cours, se sont toujours terminées par un
effondrement de la production, en raison de la
volatilité des termes de l'échange, d'autres chocs
et de la faiblesses des institutions. Le rapport de
la Banque Mondiale relève également que durant la
phase de croissance actuelle, plusieurs pays ont
profité de l'évolution favorables des termes de
l'échange (Banque Mondiale, ADI, 2008). L'amélioration continue des situations et des
politiques macro-économiques laisse penser que la
croissance pourrait être pérennisée.
Pour stimuler le taux de croissance et le maintenir
à un niveau permettant aux pays africains de réduire
la pauvreté d'ici à 2015, il faudra considérablement
accroître le volume des ressources intérieures et
étrangères consacrées au développement en général et
aux programmes de réduction de la pauvreté en
particulier.
Dans le contexte
actuel marqué par la globalisation de l'économie et
d'opportunités de croissance pour l'Afrique, il est
impératif de continuer d'apporter une attention
particulière à la stabilité macroéconomique et à
celle de l'environnement institutionnel, politique
et social.
Les performances en matières d'économie et d'IDE
(investissement direct extérieur) du Mozambique, du
Rwanda, de l'Angola, et relativement du Congo
Démocratique
montrent qu'il existe un dividende à la paix et la
sécurité. D'autres pays qui ont connu la guerre
civile ou une situation politique trouble pendant
une longue période (Congo-Brazzaville, Côte
d'Ivoire, Liberia, Sierra Leone, Togo, etc.),
naviguant sur le fil du rasoir, sont en passe de
récolter le même dividende. Le moindre facteur
perturbateur est susceptible de les faire retomber
dans l'anarchie. L'abolition des frontières
douanières appartient à cette catégorie de facteur.
La
poursuite de la croissance
économique et
le recul de la pauvreté dépendent donc
non seulement de la capacité de
chaque pays à appliquer des réformes
structurelles et institutionnelles
pour accroître la productivité,
renforcer la résistance aux chocs et
attirer l'investissement privé,
mais et surtout de la stabilité
politique et sociale.
Démanteler les barrières douanières
reviendrait donc à ouvrir un cycle
d'instabilité qui, cette fois-ci,
toucherait toute l'Afrique, avec des
conséquences redoutables que
personne n'ose imaginer :
transformer l'Afrique en un
espace de "chaos social total".
Des "états de nature" hobbesiens
y ressurgiraient dans la violence,
créant des situations de guerre
civiles permanentes. La guerre et le
recours systématique à la violence
deviendrait alors la règle,
provoquant le délitement définitif
des systèmes de socialisation.(1)
L'Afrique ne mérite pas cette
perspective.
Alors
Non au démantèlement des
frontières douanières des pays
africains,
au nom de la protection
des intérêts vitaux des
populations africaines,
des productions nationales encore
trop fragiles
et affaiblies par la concurrence
déloyale que leur livrent
les
produits des pays industrialisés
subventionnés à l'exportation.
Non au libre-échange en Afrique.
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1
Matokot-Mianzenza, Sidonie, (2003), Viol des femmes
dans les conflits armés et thérapies familiales. Cas
du Congo-Brazzaville, Paris, L'Harmattan. |
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