Les APE feraient perdre 100 milliards
de francs CFA de recettes par an
Le gouvernement camerounais a signé un APE en dépit de l'opposition du patronat et des forces vives du pays.
S’exprimant devant le corps diplomatique, lors de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an, Paul Biya, président du Cameroun, a expliqué que la situation spécifique de son pays, en particulier les conséquences défavorables pour ses exportations en cas d’une non signature de l'Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne (UE) avant la fin de l’année 2007, ont obligé la Cameroun, à signer un accord intérimaire.
À titre d'exemple, selon le ministère du Commerce, la non signature de l'accord aurait pu faire perdre près de 250 milliards de Fcfa à la filière banane camerounaise.
Or une étude récente de la douane et du Groupement interpatronal du Cameroun (GICAM) évalue à 100 milliards de FCFA par an la perte de recettes consécutive au démantèlement des barrières douanières du fait de l'APE, soit environ 25% des recettes de douane (435 millions de FCFA en 2008) ou 4,4% du budget général du pays (2276 milliards de FCFA en 2008).
Le gouvernement camerounais, par la voix du Ministre des finances, ne partage pas le ton alarmiste des auteurs de l'étude. Il concède qu'on peut envisager une révision progressive des objectifs de recettes douanières. Mais, il ajoute immédiatement que l'APE est une opportunité pour la douane camerounaise. Pour le ministre, l'APE devrait accroître le rôle de la mission économique de la douane qui sera amenée à se redéployer pour favoriser le renforcement de l’intégration régionale, puis à contribuer, à travers les régimes techniques douaniers en vigueur, à accroître la compétitivité de l’économie nationale.
Les déclarations du gouvernement Ministre des finances ont laissé pantois la plupart des acteurs économiques du pays.